Etes-vous fait pour l'habitat partagé ?

Etes-vous fait pour l'habitat partagé ?
partage(s)

Né dans les années 1970, l’habitat partagé que l’on appelait « habitat autogéré » s’étend de plus en plus sur le territoire. Mais quelles sont les spécificités liées à ce mode de vie ? Comment s’y prendre pour monter un tel projet ?

Qu’est-ce que l’habitat partagé ?

L’habitat partagé ou habitat groupé est un véritable art de vivre, qui se veut à contre-courant de l’individualisme. En effet, le cohabitat conjugue l’indépendance de chaque famille qui y réside et une sorte de vie en collectivité. Concrètement, des familles conçoivent ou financent ensemble leur logement et partagent des espaces communs. Dans ce mode de vie, les participants intègrent des valeurs telles que la solidarité, le respect de l’environnement, le partage et la mixité sociale.

Généralement, les familles qui sont à l’origine d’un tel projet sont très sensibles à la cause environnementale. C’est ainsi que l’on retrouve bon nombre de cohabitats conçus avec des matériaux locaux et écologiques tels que le bois, la pierre ou encore la terre crue. De plus, la plupart intègre à présent l’utilisation d’énergies renouvelables (le solaire, l’éolien).

Contrairement aux modes d’habitations classiques, l’habitat groupé répond aux critères suivants :

  • Il est composé d’espaces privés et d’espaces communs. Ainsi, chaque famille bénéficie de son propre appartement, mais les jardins ainsi que certaines salles sont communes à la totalité des habitants.
  • Il nécessite un penchant pour un mode de vie collectif.
  • Il prône la mixité sociale et générationnelle.
  • Il entraîne une responsabilisation commune de tous les ménages qui doivent œuvrer ensemble pour la gestion de leur mode de vie.
  • Il requiert un attrait évident pour la préservation de l’environnement.

Carole a fait le choix de l’habitat partagé

Aucun d'entre nous n'aurait les moyens d'habiter dans une maison en ville avec un jardin, et ce rêve est devenu possible en se regroupant. C'est le retour d'une certaine convivialité, l'esprit d'un village sans les commérages.

6 étapes pour monter un habitat groupé

Pour monter un projet d’habitat groupé, il s’agit de ne pas avoir besoin d'un logement de façon urgente. En effet, on estime qu'un projet aboutit en 4 à 5 ans : la patience est donc de mise.

1. Constituer un groupe dont les membres partagent des valeurs semblables
En premier lieu, il convient de constituer un groupe de familles, car il s’agit avant tout d’une aventure humaine et collective. Il est nécessaire que tous les membres du groupe partagent les mêmes valeurs et se reconnaissent totalement dans ce projet. Il faut également préciser les exigences de chacun : milieu rural ou urbain ? surfaces nécessaires ? transports à proximité ? nombre d’espaces communs ?

2. Affiner le projet dans sa forme
Ensuite, il s’agit de réfléchir à la forme que prendra le projet une fois abouti. Le cohabitat peut prendre la forme d’un immeuble ou d’une maison, le nombre de logements doit également être déterminé ainsi que la fonction des surfaces partagées.

3. Le montage juridique et financier
Pour cette étape, le groupe devra faire appel à un juriste ou un notaire afin de définir le meilleur statut juridique en fonction des objectifs et des contraintes de chaque membre du groupe. Le projet d’habitat groupé peut aussi bien prendre la forme d’une association à but non lucratif, d’une copropriété ou encore d’une coopérative.

Outre le statut juridique du projet, on peut distinguer deux logiques en ce qui concerne le montage financier :

  • Chaque ménage apporte la totalité de la partie financière qu'elle doit à l’aide d’emprunts individuels, comme le ferait n’importe quel foyer souhaitant acheter son logement.
  • Le groupe peut également choisir de contracter un emprunt collectif qui sera remboursé sous forme de loyers réglés mensuellement par les habitants.

Chiffres Clés

  • Le budget moyen et global d’un projet d’habitat partagé est d’environ 2 millions d’euros.
  • Les habitants des cohabitats sont à l’origine de 72 % des projets.
  • 80 % des projets sont constitués de 5 à 9 foyers.
  • Près de 6 groupes sur 10 se situent en milieu urbain.

 

Source : enquête réalisée en 2011 par le bureau d’études Minute Papillon pour RELIER.

4. Se mettre en quête du site
Il s’agit là de trouver le site le plus adéquat au regard des moyens financiers et des exigences de chacun, mais également en fonction des règles d’urbanisme en vigueur. Assurez-vous auprès des entités administratives que votre projet est réalisable. Sachez que pour faciliter l’accès au foncier, certaines collectivités territoriales acceptent de conclure des partenariats.

5. Elaborer les plans architecturaux
Le groupe devra se pencher sur les plans du futur cohabitat. Vous n'êtes pas dans l'obligation d'avoir recours à un architecte, mais nous vous recommandons quand-même de faire appel à lui, car il sera le mieux à même de concilier les idées de tous, tout en vous garantissant un maximum de confort. Pour les questions techniques, vous pouvez également faire appel à un bureau d’études.

6. La construction du cohabitat
Pour la construction des logements, deux possibilités s’offrent à vous :

  • Vous pouvez choisir l'autoconstruction de votre cohabitat. Vous devrez vous-mêmes rassembler les artisans des différents corps de métier qui devront œuvrer pour la construction des logements. Vous ferez l’économie du maître d’œuvre, mais cela requiert d’avoir des connaissances techniques pointues ainsi que du temps à consacrer à la gestion de la construction et au suivi de l’avancement du chantier.
  • Vous pouvez aussi décider de déléguer la gestion du chantier à un maître d’œuvre. Il s'agit certes d'un coût supplémentaire, mais cela vous apportera un certain confort car le maître d’œuvre se chargera de veiller à l’avancement des travaux et de tout piloter.

Les points clés à retenir

  • L’habitat partagé se caractérise par des logements individuels alliés à des parties communes. Il s’agit d’une vie en quasi collectivité.
  • Ce mode de vie séduit de plus en plus les personnes sensibles aux causes écologiques et à la solidarité.
  • Les démarches pour monter un tel projet sont longues et nécessitent de respecter plusieurs étapes.